Les constructions liées au développement des industries de l’environnement suscitent de plus en plus la participation d’architectes sollicités pour diverses raisons. Un maître d’ouvrage ne peut plus concevoir l’acte de bâtir au regard de la seule rentabilité de son établissement. L’architecte considéré souvent comme un producteur d’image doit imposer sa capacité à produire plus qu’une belle enveloppe, un espace de qualité. Les projets industriels et notamment ceux qui sont liés à l’environnement sont souvent le théâtre de confrontations où les contraintes sont légions… Encombrement des process, zones d’évolutions des engins, circulations des différents flux, hauteur nécessaire au déversement, éclairage, odeurs, poussières, envols. Ces contraintes très fortes sont le piment qui oblige à réfléchir en profondeur sur le fonctionnement, le croisement des flux, les conditions de travail. À ces contraintes fonctionnelles viennent s’ajouter les contraintes d’environnement, souvent très fortes. En effet, je suis persuadé que plus l’activité d’une usine bénéficie d’une image a priori négative, plus l’image qu’elle donne d’elle doit être valorisée. C’est avant tout à travers son bâtiment qu’une telle activité donne une image professionnelle de son exploitant. Les bâtiments doivent apporter une dimension à la fois technique et territoriale. N’oublions pas la valeur pédagogique d’un tel projet. À un moment où l’environnement et ses dérivés (notamment le traitement des déchets) deviennent des enjeux essentiels pour les décennies à venir, la visite de ce type d’équipement revêt une importance extrême. Sensibiliser les enfants au processus de l’élimination et de la valorisation de ce que lui aussi produit, permettra de fabriquer des centres encore plus performants. Il est évident que le bâtiment visité doit être à l’image du process, efficace, contemporain, intégré au paysage et facilement identifiable.